Dès qu’il y a une activité collective quelconque, elle est organisée d’après le principe hiérarchique, et la hiérarchie du commandement et du pouvoir coïncide de plus en plus avec la hiérarchie des salaires et des revenus. De sorte que les gens n’arrivent presque plus à s’imaginer qu’il pourrait en être autrement, et qu’ils pourraient eux-mêmes être quelque chose de défini autrement que par leur place dans la pyramide hiérarchique.

Ce mode de fonctionnement remonte aux prémices de l'humanité. En effet, nous avons conservé de notre ascendance animale, l’habitude d’agir en groupe, derrière un chef. Celui-ci avait pour objectif d’organiser la stratégie de la capture du gibier, de la défense du clan, de l’attaque et de la conquête de nouvelles zones giboyeuses. Dans la société moderne le système hiérarchique (ou, ce qui revient à peu près au même, bureaucratique) est devenu pratiquement universel. Dès qu’il y a une activité collective quelconque, elle est organisée d’après le principe hiérarchique, et la hiérarchie du commandement et du pouvoir coïncide de plus en plus avec la hiérarchie des salaires et des revenus. De sorte que les gens n’arrivent presque plus à s’imaginer qu’il pourrait en être autrement, et qu’ils pourraient eux-mêmes être quelque chose de défini autrement que par leur place dans la pyramide hiérarchique.

Ce principe ainsi que notre système politique actuel mène à la passivité des individus. À nous tous de reprendre tout ça en main et d’être acteur, c’est-à-dire d’agir ! Pour mieux comprendre ce mot, arrêtons-nous un peu sur son étymologie: du latin agere signifiant conduire, agir, faire, dont le suffixe « ag » signifie « pousser devant soi (un troupeau) ». Rejoignez donc AVENIR pour « pousser le troupeau » du monde agricole et participer ainsi à faire changer le contexte de l’installation agricole en région Nord-Pas de Calais !!

Avenir met en place depuis 2011 un fonctionnement ressemblant à une nouvelle société appelée par les sociologues “participative égalitaire” dans laquelle toutes les hiérarchies sont annulées et chacun vaut chacun. Ainsi les nouveaux statuts votés en 2012 suppriment la fonction de président. Une fonction n’est maintenant plus rattachée à un titre. Cela signifie que ce sont des personnes différentes qui peuvent assurer la délégation de signature, la représentation légale, le lien avec les salariés etc. Mais la plus grande différence réside dans le fait que chacun se sent aussi responsable que les autres de la vie de l’association. Nous sommes conscients que cela peut avoir des effets néfastes « tout le monde responsable, personne responsable » mais c’est aussi et surtout une aventure collective très riche ! Et ces effets néfastes seront d’autant plus petits que chacun d’entre nous changera son mode d’agir et de penser issu de notre Histoire citée ci-dessus.

Nous sommes aussi conscients que ce n’est pas en effaçant sur le papier ces modes de fonctionnement qu’ils ne se reproduisent pas dans la réalité ! Notre instinct est encore là, fort heureusement, nous resterons toujours des « animaux sociaux » avec des personnes menant plus le groupe que d’autres. L’objectif est ici d’amoindrir ces comportements. Ce qu’il nous faut encore améliorer, c’est la place des ateliers (ou groupes thématiques sur l’organisation des chantiers, les finances etc) par rapport au comité de pilotage (= membres permanents d’AVENIR élus en AG). En effet, notre souhait à l’écriture des nouveaux statuts était de mettre ces groupes au centre de l’asso (et non le comité de pilotage), c’est-à-dire que ce sont ces groupes qui devront à terme alimenter les sujets abordés en comité de pilotage. Nous n’y sommes pas encore parvenus complètement. Pour cela, nous devons aussi davantage expliquer ce fonctionnement, la nouvelle lettre aux adhérents (en version informatique principalement car c’est un document très dynamique ! vous verrez par vous-même !!) est un des moyens que nous venons de mettre en œuvre ! Aborder une telle association ne fut pas évident, d’autant plus que j’(Christophe) avais l’expérience associative du mode de fonctionnement habituel. Qui sont les responsables, à qui m’adresser et comment ça peut être viable sans « chef » sont les deux questions que je me posais. Je ne me soupçonnais pas être autant formaté, car c’est un système qui est en accord avec mes idées. J’y ai découvert une « société » dans laquelle les gens se responsabilisent et ne subissent pas leurs tâches comme une contrainte mais comme une chose qu’ils ont vraiment décidé de faire. Et, c’est de mon point de vue extrêmement valorisant et impliquant.

Christophe Prangère et Fanny Le Padellec