En parallèle, j'ai fait les différentes démarches liées à l'installation : contacter le point info, demande d'autorisation d'exploiter, la chambre d'agriculture qui m'a renvoyé vers AVENIR car je n'étais pas éligible aux aides nationales. Avec AVENIR, nous avons travaillé ensemble et constitué le dossier de demande de prêt d'honneur. Cela m'a apporté un soutien et m'a montré qu'il n'existait pas que des grosses fermes. Les journées échanges, où l'on rencontre d'autres porteurs de projet, permettent de nous rassurer.

__Je me suis installé en janvier 2002.

Les premières années, il faut tout apprendre à la fois :

  • apprendre à produire__ ; j'ai donc limiter la diversité des légumes au début

* apprendre à vendre, se faire connaître ; nous avons fait marcher le bouche à oreilles pour les ventes à la ferme, nous avons commencé avec un marché à La Quesnoy (3€ la 1ère fois!!) et en vendant dans quelques supermarchés à prix centrale d'achat !

Au départ, nous avons tous fait avec peu de moyens : une petite baraque pour vendre à la ferme, les gens devaient traverser le fossé sur une planche... __ Apprendre à vendre,__ c'est tester différents systèmes et lieux afin de trouver sa place : A partir de la deuxième année, j'ai rajouté trois autres marchés hebdomadaires et le marché mensuel de producteurs. J'ai aussi arrêté les ventes en supermarchés.

En 2009, nous avons commencé la vente de quelques paniers (10/15) sans abonnement. En 2010, nous avons assisté à une réunion « les mardis du développement durable », avec le GABNOR et l'association régionale des AMAP. Nous y avons rencontré Chloé Olivier qui voulait créer une AMAP. Avec elle et les personnes qui nous prenaient des paniers en 2009, nous avons créé l'AMAP avec 20 familles. En 2011, nous sommes passé à 68 familles (50 équivalent grand panier) et il y a une liste d'attente. L'AMAP nous a permis de diminuer les pertes et de supprimer deux marchés (notamment celui du lundi permettant de moins travailler le dimanche!). Notre objectif serait d'encore augmenter le nombre de panier par semaine afin de diminuer le nombre de marchés. Ce qui nous en empêche de la faire pour le moment, c'est le manque de diversité : nous ne pouvons pour le moment assurer plus de paniers diversifiés, surtout en début et fin de saison. Les relations avec les AMAPiens sont vraiment super, le contact est bon. Les chantiers d'entraide sont toujours de bons moments.

Apprendre à produire... Je n'ai pas eu le droit à des congés formation ou à des financements de formation, je me suis donc formé tout seul, via des livres et mon expérience. Je participe à très peu de journées techniques. La ferme n'est pas labellisé agriculture biologique bien que j'utilise ce mode de production. Les contrôles ecocert m'ont refroidit à passer le pas. De plus, il y a 10 ans, l'image de l'agriculture biologique n'était pas la même.

Pas trop de journées techniques mais une implication dans le tissu agricole Nous faisons partis de l'association des producteurs de Scarpes Escault : nous sommes une bonne équipe, une amitié s'est créée entre nous, on rigole bien ! On se retrouve entre paysans, une fois par mois. Dans ce groupe, il y la famille Roussel, qui nous a aidé dès le début (à monter la charpente du hangar par exemple). Et maintenant, avec l'AMAP, il y a les AMAPiens. Je participe aussi à l'essaimage en aidant de futurs paysans en AMAP.

Vivre de son travail et savoir s'arrêter... Nous travaillons sur la ferme 7/7 mais nous partons une semaine en vacances par an. Ce rythme nous convient car nous travaillons tous les deux sur la ferme. Nous sommes satisfaits du revenu dégagé. Ma compagne a gardé un emploi à l'extérieur afin de sécuriser un revenu, cela est aussi nécessaire afin d'assurer certaines période de l'année. Cependant, elle a diminué son temps de travail salarié progressivement (80%, 60% puis 50%)

Des projets, des envies ? J'ai commencé un poulailler depuis 1 an, je le fait moi même à partir de matériaux de récup, il reste à lui trouver un chassis afin de le déplacer plus facilement. Cela permet d'apporter de la fumure. J'aimerais avoir un cochon pour la consommation familiale.

Et si c'était à refaire ? IDEM !!!